Du libre pour le climat (3ème partie)

Capitalisme et changements climatiques

cop21_logoAlternatiba_logo-petitSuite à la sortie en français du dernier livre de Naomi Klein, Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique, aux éditions Actes Sud (ISBN 978-2-330-04784-9), l’auteure s’est fait interviewer sur les ondes de RFI. C’est l’intégralité de cette excellente l’émission que je vous propose ici (séparée en deux partie), suivie d’une mise en perspective avec le mouvement des logiciels libres.

Pour finir, et dans le même contexte, je vous suggère une série d’émissions de radio inspirantes (Mais où va-t-on ?), diffusée sur la RTS en août 2015 et destinée à mieux comprendre ce qui se cache derrière le mouvement de la décroissance. J’ai sélectionné le second interview de François Marthaler. La encore, la philosophie du libre permet d’envisager d’autres modes de société plus durables.

Le livre de Naomi Klein explore ainsi les liens de causalité qui existent entre le capitalisme et les changements climatiques. Ces liens sont décortiqués de manière très logique avec de nombreux exemples. Le capitalisme que nous côtoyons tous les jours est en effet composé de deux briques essentielles :

  • L’incitation vers la croissance illimitée.
  • La dérégulation de l’économie afin de fluidifier les échanges et d’optimiser les marchés.

On peut admettre que le capitalisme a permis une forme de progrès pendant près d’un siècle et a augmenté le niveau général de richesse. Cela n’a pu être possible que par une utilisation massive des énergies fossiles artificiellement bon marchés et par la marchandisation de la plupart de nos échanges. En conséquence, ce modèle a engendré des  injustices sociales de plus en plus criantes d’une part et d’autre part, une pression croissante sur notre biosphère. Nous nous rendons progressivement compte que ce modèle, sous les atours séduisants de l’accroissement des richesses et des progrès technologiques, nous mènera à notre perte. Les changements climatiques représentent ainsi un signal d’alarme providentiel dont il faut tenir compte, et aussi une magnifique opportunité à saisir pour renverser la vapeur et changer radicalement notre société.

Première partie
Seconde partie

1ère partie

Dans cette première partie de l’interview, l’auteure décrit le phénomène et démonte un certain nombre d’idées préconçues, comme par exemple le fait qu’il faille choisir entre les emplois et l’environnement (interview 1ère partie, 2:40).

Une chose est certaine, c’est que le changement climatique est inévitable. Il s’agit de faire en sorte que ce changement soit le moins douloureux possible, bien que les effets sur les sociétés humaines soient déjà bien visibles (interview 1ère partie, 3:16).

C’est quelque chose que nos élites dirigeantes ont de la peine à entendre ou qu’elle ne veulent pas entendre car elles appréhendent ce type de changement (interview 1ère partie, 4:16).

De plus, on constate que les élites politiques sont coincées dans un discours contradictoire, entre d’une part la promotion de la croissance – pour soi-disant garantir les emplois, et d’autre part la volonté molle de lutter contre les changements climatiques – pour donner le change vis-à-vis des électeurs. Un exemple flagrant de cette contradiction est incarné par François Hollande dans une conférence de presse (interview 1ère partie, 9:29).

Naomi Klein s’en prend ensuite aux traités de libre échange économique. Ils renforcent une concurrence désormais planétaire, ce qui encourage l’utilisation d’énergies bon marché et souvent sales, une pression intolérable sur les salariés et ouvriers, et implique une concentration des profits sur un petit nombre d’individus et organisations, souvent plus puissantes que des États. Des politiques publiques favorables au climat sont souvent combattues par ces grands groupes économiques sous prétexte qu’elles violent les traités de libre échange. La concentration d’argent et de pouvoir débouche inévitablement sur des tentatives de corruption à large échelle. (interview 1ère partie, 12:42).

2ème partie

Dans cette seconde partie, Naomi Klein ébauche des pistes de solutions. Les élites étant piégées dans un modèle hérité du passé, on ne peut miser que sur les mouvements citoyens (comme par exemple Alternatiba).

Il s’en suit deux courts interviews ciblés et incisifs :

Le grand défi est d’arriver à imaginer un avenir différent […] mais il faut radicalement modifier nos valeurs. […] Notre vie ne se résume pas uniquement à ce qu’on achète (interview 2ème partie, 12:15).

La piste la plus sérieuse réside ainsi dans l’action citoyenne et notamment dans la réappropriation de notre argent en demandant le désinvestissement des banques et autres instituts financiers du domaine des énergies sales. C’est le conseil de la journaliste Jocelyne Lemaire Darnaud développé dans son documentaire intitulé Moi, la finance et le développement durable (interview 2ème partie, 15:49).

Allez demander à votre banquier ce qu’il fait de votre argent ! (interview 2ème partie, 16:50)

Et le libre dans tout ça ?

Le propos est clair et du point de vue du développement durable, nous devons nous engager dans cette voie. Mais qu’en est-il des logiciels libres et en quoi pourraient-ils aider dans cette transition ?

La sortie du livre de Naomi Klein est assortie d’une initiative collaborative qui prend la forme d’un site web d’échange : https://solutions.thischangeseverything.org/. On y trouve de nombreuses pistes et idées, certaines plus concrètes que d’autres, mais beaucoup se basent sur les fondamentaux du libre. On y parle entre autre d’open Hardware, de peer-to-peer, d’open source ecology et de la protection des communs.

On constate de nombreuses similitudes entre la concentration économique dans le domaine des énergies fossiles et dans l’informatique. Les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) sont les Exxon-Mobile, Shell et Gazprom de l’informatique. Leur pouvoir permet d’influencer les gouvernements pour asseoir leur position dominante et biaiser le marché. Même si certaines d’entre-elles utilisent, même massivement, des logiciels open source (comme Google), leur but est bien de capter le client et de valoriser ses données personnelles, très souvent à son insu. La philosophie du libre permet en revanche une bien meilleure transparence, une décentralisation du pouvoir, une relocalisation de la création de valeur et une plus grande indépendance du citoyen.

rts_logoDans le cadre d’une série d’été sur la décroissance (Mais où va-t-on ?), la RTS diffuse plusieurs interviews de personnalités très critiques du modèle actuel. La deuxième interview de François Marthaler me permet de conclure en reliant développement durable et philosophie du libre.

Émission : Mais où va-t-on ? avec François Marthaler, sur la RTS


cc-by-sa
Logiciels Durables / Logiciels Libres et Développement Durable

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