Anki, pour apprendre librement

Pour différentes raisons, je me suis remis à apprendre l’allemand. Je dis bien « remis ». En effet, j’avais jadis appris cette langue il y a grosso modo une vingtaine d’années. Ou du moins, j’avais tenté de le faire. Si mes souvenirs sont bons, il s’agissait davantage de séances répétées de torture mentale que d’un apprentissage harmonieux et enthousiasmant. Ceux de ma génération peuvent se souvenir, avec un pincement au cœur, des trépidantes aventures de Hans Schaudi et de sa famille rétrograde[1]

Il fallait donc que je me motive, que je trouve un moyen quelque peu ludique de passer par-dessus ces traumatismes du passé. Par hasard, j’ai déniché Anki[2], une magnifique application libre de flashcards[3]. C’est ce qu’il me fallait pour démarrer.

anki_logo

Logo de l’application Anki

Je tiens à préciser que cette application ne va pas magiquement vous transformer en germanophone en deux coups de cuiller à pot. Mais elle dispose de nombreux atouts pour vous faire progresser, quel que soit le sujet que vous voulez apprendre. En effet, les flashcards peuvent être utilisées pour mémoriser ce que vous voulez, que ce soit des dates historiques, le nom des capitales, les kanjis japonais ou encore et plus simplement du vocabulaire allemand.

Qu’est-ce qu’une flashcard ?

Anki est une métaphore des cartes papier, souvent utilisées à l’école pour mémoriser des matières. Une carte a un recto et un verso. Au recto, on y inscrit une question ou un mot dans une langue et au verso, on y note la réponse ou le mot dans sa traduction. On se constitue ainsi des tas de cartes en fonction des sujets qu’on souhaite apprendre.

Chaque jour, on ajoute de nouvelles cartes à la collection et on révise celles qui ont déjà été apprises. C’est là qu’Anki apporte une fonctionnalité supplémentaire, plutôt géniale, à la version papier. C’est le principe « neurologique » de répétition en suivant des intervalles de temps spécifiques. Il ne s’agit pas de tout réviser tous les jours, mais bien de différer les révisions en fonction du niveau d’acquisition de la carte en question. Plus la carte est acquise et plus elle va s’enfoncer dans la pile pour réapparaître plusieurs semaines ou mois après. Le système gère ainsi la planification des révisions.

Anki, c’est quoi alors ?

Anki est constitué de plusieurs composants :

  1. Une application complète disponible pour Windows, Mac et GNU/Linux.
  2. Une version légère de l’application en ligne, avec une interface web.
  3. Une version légère de l’application sur smartphone (Android et iPhone).

L’application pour PC peut être utilisée toute seule, mais la force d’Anki vient également de la synchronisation entre tous ces composants.

Ajouter de nouvelles cartes

Il faut bien commencer par créer du contenu à apprendre. Ce procédé peut être progressif et même partagé sur internet. L’interface est particulièrement sobre et efficace :

anki_ajouter

Fenêtre pour ajouter une nouvelle carte – traduction personnelle

Parcourir une collection

A tout moment, vous pouvez parcourir votre collection et procéder à des vérifications et corrections. Cette fenêtre dispose par défaut de nombreux filtres et fonctionnalités de recherche.

anki_parcourir

Fenêtre pour gérer ses collections – cliquez dessus pour agrandir

 Apprendre

En parallèle à l’alimentation de la collection avec de nouvelles cartes, il s’agit de dédier du temps à l’apprentissage, ce qui est finalement le but de ce système. On le sait, la rigueur et la régularité sont essentielles pour obtenir de bons résultats. Dans mon cas, le système propose 30 nouvelles cartes et environ une centaine de cartes à réviser par jour, ce qui revient à dédier quotidiennement entre 30 et 45 minutes.

La révision peut se faire aussi bien sur l’application complète, en ligne sur le web ou mieux, depuis sont téléphone pendant les petits moments libres qui jalonnent la journée (transports publics, attente de rendez-vous,…). Cette activité remplace aisément les Candy Crush et autres Angry Birds, certes rigolos, mais ô combien chronophages et, disons-le, absurdes.

fairphone et anki

AnkiDroid convient particulièrement au Fairphone ! – Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Comprendre le phénomène d’apprentissage

Mais l’application ne s’arrête pas là. Elle propose de nombreuses options de paramétrage et de suivi de l’apprentissage. Plusieurs graphiques permettent de mieux comprendre comment notre cerveau fonctionne lorsqu’il s’agit d’apprendre. D’autres graphiques sont disponibles en option sous la forme de modules qu’on peut installer à la demande.

anki_graphs

Plusieurs graphiques représentent l’évolution de l’apprentissage – Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Pour un apprentissage libre et durable !

Cet article ne se veut pas exhaustif. La richesse de cette application s’avère surprenante, surtout au début quand on la découvre. Son interface épurée cache en effet de nombreuses fonctionnalités subtiles.

L’éducation et l’apprentissage vont de pair. Ils sont essentiels et doivent être renforcés pour que notre société et surtout la jeune génération, puisse comprendre les enjeux fondamentaux auxquels nous sommes confrontés : tournant énergétique, crise des matières premières, globalisation des conflits, accroissement du fossé entre riches et pauvres, chute de la biodiversité, dérèglement climatique, etc… Pour pouvoir affronter ces dangers bien actuels, nous devons entre autres encourager l’apprentissage au sens large, les langues constituant un socle fondamental. De par sa licence libre et ses nombreuses qualités, Anki apporte modestement sa pierre à l’édifice en favorisant l’accessibilité aux outils d’aide à l’apprentissage.

Il s’agit d’une initiative précieuse. Je vous conseille vivement d’essayer cette application. Si elle vous convient, vous pourrez soutenir le projet par un don.


Notes

  1. Il s’agit de la méthode d’allemand « Vorwärtz », en vigueur dans le canton de Vaud dans les années 80.
  2. Le site principal : http://ankisrs.net/ ; le site Ankiweb (pour l’interface web de flashcards) : https://ankiweb.net.
  3. J’ai essayé de trouver une traduction satisfaisante de flashcards en français, mais sans succès. Le terme « Carte mentale » existe, mais représente vraisemblablement autre chose. Voici l’article Wikipedia sur les flashcards : http://en.wikipedia.org/wiki/Flashcard

cc-by-sa
Logiciels Durables / Logiciels Libres et Développement Durable

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